KWS·
Fatâwâ7 min de lecture

Des pratiques relevant de l'innovation et du Shirk

Le Cheikh Ibn Bâz réfute les ajouts au adhân comme « venez à la meilleure des œuvres » : les formules de l'appel à la prière sont fixées par la Sounnah.

Par Cheikh ʿAbd al-ʿAzîz ibn Bâz (rahimahou Allâh)
Plume et encre

س: ما حكم الله ورسوله في قوم يفعلون الأشياء التالية: يقولون في الأذان (أشهد أن عليا ولي الله) و (حي على خير العمل) و (عترة محمد) و (علي خير العتر)، وإذا توفي أحد منهم قام أقرباؤه بذبح شاة يسمونها العقيقة، ولا يكسرون من عظامها شيئا، ثم بعد ذلك يقبرون عظامها وفرثها ويزعمون أن ذلك حسنة ويجب العمل به، فما موقف المسلم الذي على السنة المحمدية وله بهم رابطة نسب؟ هل يجوز له شرعا أن يوادهم ويكرمهم ويقبل كرامتهم ويتزوج منهم ويزوجهم؟

Question : quel est le jugement d'Allâh et de Son Messager au sujet de gens qui font les choses suivantes : ils disent dans le adhân « j'atteste que ʿAlî est le walî d'Allâh », « venez à la meilleure des œuvres », « la famille de Mouhammad » et « ʿAlî est le meilleur de la descendance » ; et lorsque l'un d'eux meurt, ses proches égorgent une brebis qu'ils appellent la ʿaqîqah, dont ils ne brisent aucun os, puis ils enterrent ses os et son contenu digestif, prétendant que c'est une bonne action et qu'il est obligatoire de la pratiquer. Quelle est donc la position du musulman qui suit la Sounnah de Mouhammad et qui a avec eux un lien de parenté ? Lui est-il légalement permis de les prendre en affection, de les honorer, d'accepter leurs marques de générosité, d'épouser parmi eux et de leur donner en mariage ?

علما بأنهم يجاهرون بعقيدتهم، ويقولون: إنهم الفرقة الناجية وأنهم على الحق ونحن على الباطل.

Sachant qu'ils affichent ouvertement leur croyance et disent qu'ils sont le groupe sauvé, qu'ils sont sur la vérité et que nous sommes sur le faux.

الجواب:

Réponse :

قد بين الله على لسان نبيه محمد ﷺ ألفاظ الأذان والإقامة، وقد رأى عبد الله بن زيد بن عبد ربه الأنصاري في النوم الأذان فعرضه على النبي ﷺ فقال له النبي ﷺ: «إنها رؤيا حق» وأمره أن يلقيه على بلال؛ لكونه أندى صوتاً منه ليؤذن به فكان بلال يؤذن بذلك بين يدي رسول الله ﷺ حتى توفاه الله عز وجل ولم يكن في أذانه شيء من الألفاظ المذكورة في السؤال.

Allâh a exposé, par la langue de Son Prophète Mouhammad ﷺ, les formules du adhân et de l'iqâmah. ʿAbd Allâh ibn Zayd ibn ʿAbd Rabbih al-Ansârî vit en rêve le adhân et l'exposa au Prophète ﷺ ; le Prophète ﷺ lui dit : « C'est une vision véridique », et il lui ordonna de le transmettre à Bilâl, car sa voix portait plus loin que la sienne, afin qu'il fasse le adhân avec ces formules. Bilâl faisait donc le adhân ainsi devant le Messager d'Allâh ﷺ jusqu'à ce qu'Allâh عز وجل le rappelle à Lui, et il n'y avait dans son adhân aucune des formules mentionnées dans la question.

وأما ما يرويه بعض الناس عن علي أنه كان يقول في الأذان: "حي على خير العمل" فلا أساس له من الصحة.

Quant à ce que certaines personnes rapportent de ʿAlî, à savoir qu'il disait dans le adhân : « venez à la meilleure des œuvres », cela n'a aucun fondement authentique.

وأما ما روي عن ابن عمر رضي الله عنهما، وعن علي بن الحسين زين العابدين -رضي الله عنه وعن أبيه- أنهما كانا يقولان في الأذان: "حي على خير العمل" فهذا في صحته عنهما نظر، وإن صححه بعض أهل العلم عنهما، لكن ما قد علم من علمهما وفقههما في الدين يوجب التوقف عن القول بصحة ذلك عنهما؛

Quant à ce qui est rapporté d'Ibn ʿOumar (qu'Allâh les agrée tous deux) et de ʿAlî ibn al-Housayn Zayn al-ʿÂbidîn (qu'Allâh l'agrée ainsi que son père), à savoir qu'ils disaient dans le adhân : « venez à la meilleure des œuvres », son authenticité à leur sujet prête à discussion, même si certains gens de science l'ont authentifié d'eux ; mais ce que l'on connaît de leur science et de leur compréhension de la religion impose de s'abstenir d'affirmer l'authenticité de cela à leur sujet ;

لأن مثلهما لا يخفى عليه أذان بلال ولا أذان أبي محذورة، وابن عمر -رضي الله عنهما- قد سمع ذلك وحضره، وعلي بن الحسين رحمه الله من أفقه الناس فلا ينبغي أن يظن بهما أن يخالفا سنة رسول الله ﷺ المعلومة المستفيضة في الأذان. ولو فرضنا صحة ذلك عنهما فهو موقوف عليهما، ولا يجوز أن تعارض السنة الصحيحة بأقوالهما ولا أقوال غيرهما؛

car le adhân de Bilâl et le adhân d'Aboû Mahdhoûrah ne sauraient être ignorés de personnes comme eux. Ibn ʿOumar (qu'Allâh les agrée tous deux) l'a entendu et y a assisté, et ʿAlî ibn al-Housayn (rahimahou Allâh) compte parmi les gens qui comprennent le mieux la religion : il ne convient donc pas de penser d'eux qu'ils contrediraient la Sounnah du Messager d'Allâh ﷺ, connue et abondamment transmise, au sujet du adhân. Et à supposer que cela soit authentique d'eux, c'est une parole qui s'arrête à eux (mawqoûf), et il n'est pas permis d'opposer à la Sounnah authentique leurs paroles ni les paroles d'autres qu'eux ;

لأن السنة هي الحاكمة مع كتاب الله العزيز على جميع الناس، كما قال الله : ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَطِيعُوا اللَّهَ وَأَطِيعُوا الرَّسُولَ وَأُولِي الْأَمْرِ مِنْكُمْ فَإِنْ تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ﴾[سورة النساء:59]، وقد رددنا هذا اللفظ المنقول عنهما، وهو قول عبارة: "حي على خير العمل" في الأذان إلى السنة فلم نجدها فيما صح عن رسول الله ﷺ من ألفاظ الأذان، وأما قول علي بن الحسين فيما روي عنه إنها في الأذان الأول، فهذا يحتمل أنه أراد به الأذان بين يدي الرسول ﷺ أول ما شرع، فإن كان أراد ذلك فقد نسخ بما استقر عليه الأمر في حياة النبي ﷺ وبعدها من ألفاظ أذان بلال، وابن أم مكتوم، وأبي محذورة، وليس فيها هذا اللفظ ولا غيره من الألفاظ المذكورة في السؤال.

car la Sounnah est, avec le Livre d'Allâh, le Puissant, ce qui juge tous les gens, comme Allâh a dit [sens rapproché] : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Allâh, obéissez au Messager et aux détenteurs de l'autorité parmi vous. Si vous vous disputez au sujet d'une chose, renvoyez-la à Allâh et au Messager, si vous croyez en Allâh et au Jour dernier » [An-Nisâ' : 59]. Or nous avons renvoyé cette formule qui leur est attribuée, à savoir l'expression « venez à la meilleure des œuvres » dans le adhân, à la Sounnah, et nous ne l'avons pas trouvée dans ce qui est authentique du Messager d'Allâh ﷺ parmi les formules du adhân. Quant à la parole de ʿAlî ibn al-Housayn, dans ce qui est rapporté de lui, selon laquelle elle figurait dans le premier adhân, il est possible qu'il ait voulu par là le adhân fait devant le Messager ﷺ au tout début de sa législation ; s'il a voulu cela, cela a été abrogé par ce sur quoi l'affaire s'est fixée, du vivant du Prophète ﷺ et après lui, parmi les formules du adhân de Bilâl, d'Ibn Oumm Maktoûm et d'Aboû Mahdhoûrah, où ne figurent ni cette formule ni les autres formules mentionnées dans la question.

ثم يقال إن القول بأن هذه الجملة موجودة في الأذان الأول إذا حملناه على الأذان بين يدي رسول الله ﷺ غير مسلم به؛

Ensuite, on dira : l'affirmation que cette formule figurait dans le premier adhân, si nous l'entendons du adhân fait devant le Messager d'Allâh ﷺ, n'est pas admise ;

لأن ألفاظ الأذان من حين شرع محفوظة في الأحاديث الصحيحة، وليس فيها هذه الجملة، فعلم بطلانها، وأنها بدعة، ثم يقال أيضاً علي بن الحسين من جملة التابعين فخبره هذا لو صح فيه الرفع فهو في حكم المرسل، والمرسل ليس بحجة عند جماهير أهل العلم، كما نقل ذلك عنهم الإمام أبو عمر بن عبد البر في كتاب "التمهيد" هذا إذا لم يوجد في السنة الصحيحة ما يخالفه، فكيف وقد وجد في الأحاديث الصحيحة الواردة في صفة الأذان ما يدل على بطلان هذا المرسل، وعدم اعتباره!؟ والله الموفق.

car les formules du adhân, depuis qu'il a été légiféré, sont préservées dans les hadîths authentiques, et cette formule n'y figure pas : on sait ainsi qu'elle est fausse et qu'elle est une innovation. On dira aussi : ʿAlî ibn al-Housayn compte parmi les Tâbiʿîn ; son information, même si son attribution au Prophète ﷺ était authentique, aurait le statut du moursal, et le moursal n'est pas un argument auprès de la grande majorité des gens de science, comme l'a rapporté d'eux l'imam Aboû ʿOumar ibn ʿAbd al-Barr dans le livre at-Tamhîd ; et cela lorsqu'il ne se trouve pas dans la Sounnah authentique ce qui le contredit : qu'en est-il alors qu'il se trouve, dans les hadîths authentiques rapportés sur la description du adhân, ce qui indique la fausseté de ce moursal et son absence de valeur ? Et Allâh est Celui qui accorde la réussite.

Majmoûʿ al-Fatâwâadhâninnovationprière

À lire ensuite