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Amulettes et tawassoul par la bénédiction des vertueux

Le Cheikh Ibn Bâz : le tawassoul par le rang d'untel est une innovation, écrire des amulettes est interdit ; le mahw (versets dissous) est permis.

Par Cheikh ʿAbd al-ʿAzîz ibn Bâz (rahimahou Allâh)
Architecture de mosquée

س: إمام للمسجد الذي نصلي فيه يقول: إنه يجوز للإنسان أن يسأل الله ببركة فلان أحد الصالحين، مثلًا: اغفر لي يا رب ببركة فلان، وسؤالي: أليس هذا نوعًا من الشرك؟ كما أن هذا الإمام يكتب الحُجُب ويعطي المحو للناس كعلاج فهل نصلي خلفه، وهل كلامه وفعله جائز، أفيدوني أفادكم الله؟

Question : l'imam de la mosquée où nous prions dit qu'il est permis à l'homme de demander à Allâh par la bénédiction d'untel, l'un des vertueux, par exemple : pardonne-moi, ô Seigneur, par la bénédiction d'untel. Ma question : n'est-ce pas là une forme de Shirk ? De plus, cet imam écrit des amulettes (houjoub) et donne aux gens le mahw comme remède. Devons-nous prier derrière lui ? Sa parole et sa pratique sont-elles permises ? Éclairez-moi, qu'Allâh vous soit profitable.

ج: التوسل بجاه فلان أو ببركة فلان أو بحق فلان بدعة وليست من الشرك، فإذا قال: اللهم إني أسألك بجاه أنبيائك أو بجاه وليك فلان أو بعبدك فلان أو بحق فلان أو بركة فلان؛ فذلك لا يجوز، وهو من البدع، ومن وسائل الشرك؛ لأنه لم يرد عن النبي ﷺ ولا عن الصحابة فيكون بدعة، والله يقول: ﴿وَلِلَّهِ الْأَسْمَاءُ الْحُسْنَى فَادْعُوهُ بِهَا﴾ [الأعراف:180] ببركة فلان أو جاه فلان، وقد صح عن رسول الله ﷺ أنه قال: «من عمل عملا ليس عليه أمرنا فهو رد».

Réponse : le tawassoul par le rang d'untel, par la bénédiction d'untel ou par le droit d'untel est une innovation, et non du Shirk. Si quelqu'un dit : ô Allâh, je Te demande par le rang de Tes Prophètes, ou par le rang de Ton walî untel, ou par Ton serviteur untel, ou par le droit d'untel, ou par la bénédiction d'untel, cela n'est pas permis : c'est une innovation et l'un des moyens menant au Shirk ; car cela n'est rapporté ni du Prophète ﷺ ni des Compagnons, et c'est donc une innovation. Allâh dit [sens rapproché] : « À Allâh appartiennent les plus beaux Noms : invoquez-Le par eux » [Al-Aʿrâf : 180], et non par la bénédiction d'untel ou le rang d'untel. Il est authentiquement rapporté du Messager d'Allâh ﷺ qu'il a dit : « Quiconque accomplit une œuvre sur laquelle notre affaire ne repose pas, elle est rejetée. »

فالتوسل يكون بأسماء الله وبصفاته وبتوحيده، كما جاء في الحديث الصحيح: «اللهم إني أسألك بأني أشهد أنك أنت الله لا إله إلا أنت، الأحد الصمد الذي لم يلد ولم يولد ولم يكن له كفوا أحد».

Le tawassoul se fait par les Noms d'Allâh, par Ses Attributs et par Son unicité, comme il est venu dans le hadîth authentique : « Ô Allâh, je Te demande par le fait que j'atteste que Tu es Allâh : nul dieu digne d'adoration en dehors de Toi, l'Unique, l'Impénétrable, qui n'a pas engendré et n'a pas été engendré, et à qui nul n'est égal. »

ويكون أيضًا بالأعمال الصالحة، كسؤال أهل الغار لما انطبقت عليهم الصخرة ولم يستطيعوا الخروج، سألوا ربهم، أحدهم: سأل ببر الوالدين، والثاني: سأل بعفته عن الزنا، والثالث: سأل بأدائه الأمانة، ففرج الله عنهم؛ فدل ذلك على أن التوسل بالأعمال الصالحة كأن يقول: اللهم إني أسألك بصحبتي لنبيك ﷺ، أو باتباعي شرعك، أو بعفتي عمّا حرَّمت علي، أو نحو ذلك، توسل شرعي وصحيح.

Il se fait aussi par les œuvres pieuses, comme la demande des gens de la grotte lorsque le rocher se referma sur eux et qu'ils ne purent sortir : ils demandèrent à leur Seigneur, l'un par sa bonté envers ses parents, le deuxième par sa chasteté à l'égard de la fornication, et le troisième par sa restitution du dépôt, et Allâh les délivra. Cela indique que le tawassoul par les œuvres pieuses, comme de dire : ô Allâh, je Te demande par ma compagnie de Ton Prophète ﷺ, ou par mon suivi de Ta législation, ou par ma chasteté à l'égard de ce que Tu m'as interdit, ou ce qui y ressemble, est un tawassoul légal et valide.

أما ما يتعلق بعمله الآخر من كتابته الحُجُب فهذا لا يجوز؛ لأن الرسول ﷺ قال: «من تعلق تميمة فلا أتم الله له، ومن تعلق ودعة فلا ودع الله له»، وقال ﷺ: «من تعلق تميمة فقد أشرك».

Quant à ce qui concerne son autre pratique, l'écriture des amulettes, cela n'est pas permis ; car le Messager ﷺ a dit : « Quiconque suspend une amulette (tamîmah), qu'Allâh ne lui accorde pas l'accomplissement ; et quiconque suspend un coquillage (wadaʿah), qu'Allâh ne lui accorde pas la quiétude. » Et il ﷺ a dit : « Quiconque suspend une amulette a certes commis du Shirk. »

والحُجُب: هي التمائم؛ فلا يجوز كتب التمائم ولا تعليقها، والذي يعلقها ينكر عليه، والذي يكتبها للناس ينكر عليه حتى ولو كانت من القرآن، كان عبدالله بن مسعود وجماعة غيره من السلف الصالح ينكرون ذلك، سواء كانت من القرآن أو غيره؛ للأحاديث العامة السابقة في ذلك، ولقوله ﷺ: «إن الرقى والتمائم والتولة شرك» والمراد بالرقى المصنوعة: الرقى المجهولة، أو الرقى التي فيها شرك، أما التي تجوز فالرقى الشرعية فقط؛

Les houjoub, ce sont les tamâ'im (amulettes) : il n'est permis ni d'écrire les amulettes ni de les suspendre ; celui qui les suspend, on le réprouve, et celui qui les écrit pour les gens, on le réprouve, même si elles proviennent du Coran. ʿAbd Allâh ibn Masʿoûd et un groupe d'autres parmi les pieux prédécesseurs réprouvaient cela, qu'elles proviennent du Coran ou d'autre chose ; en raison des hadîths généraux précédents à ce sujet, et de sa parole ﷺ : « Certes, les incantations (rouqâ), les amulettes et la tiwalah sont du Shirk. » Ce qui est visé par les incantations mentionnées, ce sont les incantations inconnues, ou les incantations qui comportent du Shirk ; quant à celles qui sont permises, ce sont uniquement les incantations légales ;

لقول النبي ﷺ: «لا بأس بالرقى ما لم تكن شركًا» ولأنه رقى ورقي.

conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Il n'y a pas de mal dans les incantations tant qu'elles ne comportent pas de Shirk » ; et parce qu'il a lui-même pratiqué l'incantation et qu'on l'a pratiquée sur lui.

أما التولة: فهي نوع من السحر، وتسمى الصرف والعطف، وهي ممنوعة، والتمائم كذلك ممنوعة، وهي الحجب، وتسمى الجوامع وتسمى الحروز؛

Quant à la tiwalah, c'est une forme de sorcellerie, appelée le sarf et le ʿatf, et elle est interdite. Les amulettes sont de même interdites : ce sont les houjoub, appelées aussi jawâmiʿ et houroûz ;

لأن الرسول ﷺ زجر عنها، ولم يستثن منها شيئًا وسماها شركًا، ودعا على من تعلقها، ولأن القول بجواز ما كان من القرآن أو الأدعية المباحة والأذكار الشرعية استثناء بغير حجة، ووسيلة إلى تعليق التمائم الأخرى الشركية، ومعلوم أن الأخذ بالعموم متعين ما لم يرد ما يخصه، كما أن من المعلوم من الشريعة المطهرة وجوب سد الذرائع المفضية إلى الشرك أو إلى ما دونه من المعاصي؛

car le Messager ﷺ les a réprimées, n'en a rien excepté et les a nommées Shirk, et il a invoqué contre celui qui les suspend. Et parce que l'affirmation de la permission de ce qui provient du Coran, des invocations permises et des dhikrs légaux est une exception sans argument, et un moyen menant à la suspension des autres amulettes relevant du Shirk ; or il est connu que s'en tenir à la généralité s'impose tant que rien n'est venu la spécifier, de même qu'il est connu, dans la législation purifiée, que fermer les voies menant au Shirk ou aux désobéissances moindres est obligatoire ;

ولأنها إذا علقت صارت وسيلة إلى تعلق القلوب بها والاعتماد عليها ونسيان الله ، فمن حكمة الله في هذا أنه نهى عنها حتى تكون القلوب معلقة به سبحانه لا بغيره، وتعليق القرآن وسيلة لتعليق غيره، فلهذا وجب منع الجميع، وأن لا يعلق شيء على المريض، ولا على الصبي، لا من القرآن ولا من غيره، بل يعلم الدعاء الشرعي كالتعوذ بكلمات الله التامات من شر ما خلق، وقراءة آية الكرسي وقراءة سورة الإخلاص والمعوذتين عند النوم وبعد الصلوات الخمس، فهذا الإمام ينكر عليه، ويعلم أن هذا لا يجوز، فإن استقام وإلا وجب السعي في عزله.

et parce que, lorsqu'elles sont suspendues, elles deviennent un moyen d'attachement des cœurs à elles, de dépendance à leur égard et d'oubli d'Allâh. Fait partie de la sagesse d'Allâh en cela qu'Il les a interdites afin que les cœurs restent attachés à Lui سبحانه et non à un autre ; et suspendre le Coran est un moyen menant à suspendre autre chose. C'est pourquoi il est obligatoire d'interdire le tout, et de ne rien suspendre sur le malade ni sur l'enfant, ni du Coran ni d'autre chose ; on enseigne au contraire l'invocation légale, comme la recherche de protection par les paroles parfaites d'Allâh contre le mal de ce qu'Il a créé, la lecture du verset du Koursî, et la lecture de la sourate Al-Ikhlâs et des deux sourates protectrices au moment de dormir et après les cinq prières. Cet imam, on le réprouve donc, et on lui apprend que cela n'est pas permis : s'il se redresse, tant mieux ; sinon, il est obligatoire d'œuvrer à sa destitution.

أما المحو: فهو أن يكتب آيات بالزعفران في صحن نظيف أو في قرطاس ثم تغسل ويشربها المريض، وهذا فعله كثير من السلف والخلف، ولا حرج فيه إذا كان القائم بذلك من المعروفين بالعلم والفضل وحسن العقيدة.

Quant au mahw, c'est le fait d'écrire des versets avec du safran sur un plat propre ou sur un papier, puis de les laver, et le malade en boit l'eau : beaucoup parmi les anciens et ceux qui les ont suivis l'ont pratiqué, et il n'y a pas de gêne en cela, si celui qui s'en charge compte parmi les personnes connues pour la science, le mérite et la bonne croyance.

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