Juger selon les coutumes et les lois tribales
Le Cheikh Ibn Bâz déclare le jugement par les lois coutumières et tribales un blâmable interdit ; l'obligation est de juger par la Loi d'Allâh.

س: من يتحاكم إلى القوانين العرفية، والقوانين القبلية، هل حققوا معنى لا إله إلا الله؟
Question : ceux qui recherchent le jugement auprès des lois coutumières et des lois tribales ont-ils réalisé le sens de Lâ ilâha illa Allâh ?
ج: أما تحكيم القوانين والأعراف القبلية، فهذا منكر لا يجوز، والواجب تحكيم شرع الله، كما قال سبحانه: ﴿فَلا وَرَبِّكَ لا يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ لا يَجِدُوا فِي أَنْفُسِهِمْ حَرَجًا مِمَّا قَضَيْتَ وَيُسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾ [النساء:65] والواجب على جميع الدول المدعية الإسلام أن تحكم شرع الله، وأن تدع تحكيم القوانين، وعلى القبيلة أي قبيلة أن ترجع إلى حكم الله، ولا ترجع إلى قوانينها وأعرافها وسوالف آبائها.
Réponse : quant au fait de juger par les lois et les coutumes tribales, c'est un blâmable qui n'est pas permis. L'obligation est de faire juger la Loi d'Allâh, comme Il سبحانه a dit [sens rapproché] : « Non, par ton Seigneur ! Ils ne croiront pas tant qu'ils ne t'auront pas pris pour juge de leurs différends, puis qu'ils ne trouveront en eux-mêmes aucune gêne quant à ce que tu auras décidé, et qu'ils ne s'y soumettront entièrement » [An-Nisâ' : 65]. Il est obligatoire à tous les États qui se réclament de l'Islâm de faire juger la Loi d'Allâh et de délaisser le jugement par les lois, et à toute tribu, quelle qu'elle soit, de revenir au jugement d'Allâh et de ne pas revenir à ses lois, à ses coutumes et aux usages hérités de ses ancêtres.
أما الصلح فلا بأس به من غير إلزام، فإذا أصلح شيخ القبيلة أو أحد أفراد القبيلة وأعيانها بين متخاصمين صلحا لا يخالف شرع الله، بأن أشاروا على هذا بأن يسقط بعض حقه، وهذا بأن يتسامح عن بعض حقه، وهذا بأن يعفو: فلا بأس بهذا، أما أن يلزموهم بقوانين ترجع إلى أسلافهم وآبائهم فهذا لا يجوز، أما الصلح بالتراضي على أن هذا يسمح عن بعض حقه، أو يسمح عن سبه لأخيه، أو ما أشبه ذلك، فهذا لا بأس به؛
Quant à la réconciliation, il n'y a pas de mal à elle, sans contrainte. Si le chef de la tribu, ou l'un de ses membres et de ses notables, réconcilie deux adversaires par une réconciliation qui ne contrevient pas à la Loi d'Allâh, en conseillant à celui-ci d'abandonner une partie de son droit, à celui-là de se montrer conciliant sur une partie de son droit, et à cet autre de pardonner : il n'y a pas de mal à cela. Mais qu'ils les contraignent par des lois remontant à leurs ancêtres et à leurs pères, cela n'est pas permis. Quant à la réconciliation par consentement mutuel, par laquelle l'un renonce à une partie de son droit, ou pardonne l'insulte faite à son frère, ou ce qui y ressemble, il n'y a pas de mal à cela ;
لقول الله تعالى: ﴿وَالصُّلْحُ خَيْرٌ﴾ [النساء:128] ولقول النبي ﷺ: «الصلح جائز بين المسلمين إلا صلحًا حرم حلالًا أو أحل حرامًا».
conformément à la parole d'Allâh تعالى [sens rapproché] : « Et la réconciliation est meilleure » [An-Nisâ' : 128], et à la parole du Prophète ﷺ : « La réconciliation est permise entre les musulmans, sauf une réconciliation qui interdit un licite ou rend licite un interdit. »
(مجموع فتاوى ومقالات الشيخ ابن باز: 4/ 26)
(Majmoûʿ Fatâwâ wa Maqâlât du Cheikh Ibn Bâz : 4/26)


