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Viandes des gens du Livre, mariage et califes bien guidés

Le Cheikh Ibn Bâz répond : viandes et femmes vertueuses des gens du Livre licites, qui sont les gens du Livre, et l'ordre des quatre califes bien guidés.

Par Cheikh ʿAbd al-ʿAzîz ibn Bâz (rahimahou Allâh)
Livres anciens

س: الحمد لله وحده، والصلاة والسلام على من لا نبي بعده، أما بعد:فقد سألني بعض الإخوان عن أربع مسائل، وهذا نص السؤال والجواب: الأولى: ما حكم ذبائح أهل الكتاب؟ الثانية: ما حكم نكاح نسائهم؟ الثالثة: من هم أهل الكتاب؟ الرابعة: من هم الخلفاء الراشدون بعد رسول الله ﷺ؟

Question : la louange est à Allâh seul, et que la prière et le salut soient sur celui après qui il n'y a pas de prophète. Ceci dit : certains frères m'ont interrogé sur quatre questions, et voici le texte de la question et de la réponse. La première : quel est le jugement des bêtes égorgées par les gens du Livre ? La deuxième : quel est le jugement du mariage avec leurs femmes ? La troisième : qui sont les gens du Livre ? La quatrième : qui sont les califes bien guidés après le Messager d'Allâh ﷺ ?

ج: وهذا نص الجواب. والله الموفق سبحانه لا إله غيره ولا رب سواه، وهو حسبنا ونعم الوكيل.

Réponse : voici le texte de la réponse. Allâh est Celui qui accorde la réussite, سبحانه, nul dieu autre que Lui et nul seigneur en dehors de Lui ; Il nous suffit, et quel excellent Garant !

المسألة الأولى: ما حكم ذبائح أهل الكتاب؟

Première question : quel est le jugement des bêtes égorgées par les gens du Livre ?

الجواب: حكمها الحل والإباحة بالإجماع ما لم يعلم أنها ذبحت على غير الوجه الشرعي كالخنق ونحوه؛

Réponse : leur jugement est la licéité et la permission, par consensus, tant que l'on ne sait pas qu'elles ont été mises à mort d'une manière non conforme à la voie légale, comme l'étranglement ou autre ;

لقول الله سبحانه: ﴿الْيَوْمَ أُحِلَّ لَكُمُ الطَّيِّبَاتُ وَطَعَامُ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ حِلٌّ لَكُمْ وَطَعَامُكُمْ حِلٌٌّ لَهُمْ﴾ [المائدة:5] قال الحافظ ابن كثير -رحمه الله- في تفسير هذه الآية ما نصه: (لما ذكر تعالى ما حرمه على عبادة المؤمنين من الخبائث، وما أحله لهم من الطيبات، قال بعده: ﴿الْيَوْمَ أُحِلَّ لَكُمُُ الطَّيِّبَاتُ﴾ ثم ذكر حكم ذبائح أهل الكتابين من اليهود والنصارى، فقال: ﴿وَطَعَامُ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابََ حِلٌّ لَكُمْ﴾ قال ابن عباس وأبو أمامة ومجاهد وسعيد بن جبير وعكرمة وعطاء والحسن ومكحول وإبراهيم النخعي والسدي ومقاتل بن حيان: يعني ذبائحهم.

conformément à la parole d'Allâh سبحانه [sens rapproché] : « Aujourd'hui, les bonnes choses vous sont rendues licites. La nourriture de ceux à qui le Livre a été donné vous est licite, et votre nourriture leur est licite » [Al-Mâ'idah : 5]. Le Hâfiz Ibn Kathîr (rahimahou Allâh) a dit dans l'exégèse de ce verset, texte cité : lorsqu'Allâh تعالى a mentionné les choses mauvaises qu'Il a interdites à Ses serviteurs croyants et les bonnes choses qu'Il leur a rendues licites, Il a dit ensuite [sens rapproché] : « Aujourd'hui, les bonnes choses vous sont rendues licites », puis Il a mentionné le jugement des bêtes égorgées par les gens des deux Livres, juifs et chrétiens, en disant [sens rapproché] : « La nourriture de ceux à qui le Livre a été donné vous est licite. » Ibn ʿAbbâs, Aboû Oumâmah, Moujâhid, Saʿîd ibn Joubayr, ʿIkrimah, ʿAtâ', al-Hasan, Makhoûl, Ibrâhîm an-Nakhaʿî, as-Souddî et Mouqâtil ibn Hayyân ont dit : c'est-à-dire leurs bêtes égorgées.

وهذا أمر مجمع عليه بين العلماء أن ذبائحهم حلال للمسلمين؛ لأنهم يعتقدون تحريم الذبح لغير الله، ولا يذكرون على ذبائحهم إلا اسم الله، وإن اعتقدوا فيه تعالى ما هو منزه عنه تعالى وتقدس.

C'est un point qui fait l'objet du consensus des savants : leurs bêtes égorgées sont licites pour les musulmans, car ils croient à l'interdiction d'égorger pour un autre qu'Allâh, et ils ne mentionnent sur leurs bêtes que le nom d'Allâh, même s'ils croient au sujet d'Allâh تعالى ce dont Il est exempt, exalté et sanctifié soit-Il.

وقد ثبت في الصحيح عن عبدالله بن مغفل قال: (أدلي بجراب من شحم يوم خيبر، فحضنته وقلت لا أعطي اليوم من هذا أحدا، والتفت فإذا النبي ﷺ يبتسم) فاستدل به الفقهاء على أنه يجوز تناول ما يحتاج إليه من الأطعمة ونحوها من الغنيمة قبل القسمة، وهذا ظاهر، واستدل به الفقهاء الحنفية والشافعية والحنابلة على أصحاب مالك في منعهم أكل ما يعتقد اليهود تحريمه من ذبائحهم كالشحوم ونحوها مما حرم عليهم، فالمالكية لا يجوزون للمسلمين أكله لقوله تعالى: ﴿وَطَعَامُ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ حِلٌّ لَكُمْ﴾ قالوا: وهذا ليس من طعامهم، واستدل عليهم الجمهور بهذا الحديث، وفي ذلك نظر؛

Il est établi dans le Sahîh, d'après ʿAbd Allâh ibn Moughaffal, qui a dit : une outre de graisse fut descendue le jour de Khaybar ; je la serrai contre moi et dis : je n'en donnerai rien à personne aujourd'hui ; je me retournai, et voici que le Prophète ﷺ souriait. Les jurisconsultes en ont tiré la preuve qu'il est permis de prendre du butin, avant le partage, ce dont on a besoin en fait de nourriture et de choses semblables, et cela est manifeste. Les jurisconsultes hanafites, shâfiʿites et hanbalites en ont aussi tiré argument contre les compagnons de Mâlik, qui interdisent de manger ce que les juifs croient interdit parmi leurs bêtes égorgées, comme les graisses et autres choses qui leur ont été interdites : les mâlikites n'en permettent pas la consommation aux musulmans, en raison de Sa parole تعالى [sens rapproché] : « La nourriture de ceux à qui le Livre a été donné vous est licite » ; ils ont dit : or ceci ne fait pas partie de leur nourriture. La majorité leur a opposé ce hadîth, mais cela prête à discussion ;

لأنه قضية عين، ويحتمل أن يكون شحما يعتقدون حله كشحم الظهر والحوايا ونحوهما والله أعلم.

car c'est un cas particulier, et il est possible que ce fût une graisse qu'ils croyaient licite, comme la graisse du dos, celle des entrailles et autres semblables. Et Allâh est plus Savant.

وأجود منه في الدلالة ما ثبت في الصحيح أن أهل خيبر أهدوا لرسول الله ﷺ شاة مصلية وقد سموا ذراعها، وكان يعجبه الذراع فتناوله فنهش منه نهشة، فأخبره الذراع أنه مسموم، فلفظه، وأثر ذلك في ثنايا رسول الله ﷺ وفي أبهره، وأكل معه منها بشر بن البراء بن معرور فمات، فقتل اليهودية التي سمتها، وكان اسمها زينب، فقتلت ببشر بن البراء، ووجه الدلالة منه أنه عزم على أكلها ومن معه ولم يسألهم هل نزعوا منها ما يعتقدون تحريمه من شحمها أم لا؟

Meilleure encore comme preuve est ce qui est établi dans le Sahîh : les gens de Khaybar offrirent au Messager d'Allâh ﷺ une brebis rôtie dont ils avaient empoisonné l'épaule ; or l'épaule lui plaisait : il la prit et en arracha une bouchée, et l'épaule l'informa qu'elle était empoisonnée ; il la recracha, mais l'effet en demeura dans les incisives du Messager d'Allâh ﷺ et dans son aorte. Bishr ibn al-Barâ' ibn Maʿroûr en mangea avec lui et en mourut ; il fit alors exécuter la juive qui l'avait empoisonnée, qui s'appelait Zaynab : elle fut exécutée pour Bishr ibn al-Barâ'. Le point de preuve est qu'il se résolut à en manger, ainsi que ceux qui étaient avec lui, sans leur demander s'ils en avaient retiré ou non ce qu'ils croyaient interdit de sa graisse.

وفي الحديث الآخر أن رسول الله ﷺ أضافه يهودي على خبز شعير وإهالة سنخة يعني ودكا زنخا) انتهى المقصود من كلام الحافظ ابن كثير -رحمه الله، وفيه الدلالة على أن ذبائح أهل الكتاب حلال للمسلمين بالإجماع، وهكذا شحم ذبائحهم، وإن كان محرما عليهم فهو حل لنا للأحاديث المذكورة آنفا، وهو قول جمهور أهل العلم خلافا لأصحاب مالك رحمهم الله جميعًا.

Et dans l'autre hadîth : un juif reçut le Messager d'Allâh ﷺ avec du pain d'orge et de la graisse rance, c'est-à-dire un suif altéré. Fin de ce qui était visé des propos du Hâfiz Ibn Kathîr (rahimahou Allâh). Il contient la preuve que les bêtes égorgées par les gens du Livre sont licites pour les musulmans par consensus, et de même la graisse de leurs bêtes : même si elle leur est interdite, elle nous est licite, en raison des hadîths mentionnés précédemment ; c'est la parole de la majorité des gens de science, contrairement aux compagnons de Mâlik (qu'Allâh leur fasse à tous miséricorde).

المسألة الثانية: ما حكم نكاح نسائهم؟

Deuxième question : quel est le jugement du mariage avec leurs femmes ?

الجواب: حكم ذلك الحل والإباحة عند جمهور أهل العلم؛

Réponse : le jugement en est la licéité et la permission auprès de la majorité des gens de science ;

لقول الله سبحانه في الآية السابقة من سورة المائدة: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الْمُؤْمِنَاتِ وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ إِذَا آتَيْتُمُوهُنََّ أُجُورَهُنَّ مُحْصِنِينَ غَيْرَ مُسَافِحِينَ وَلا مُتَّخِذِي أَخْدَانٍ وَمَنْ يَكْفُرْ بِالْإِيمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ وَهُوَ فِي الْآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ [المائدة:5] والمحصنة: هي الحرة العفيفة في أصح أقوال علماء التفسير، قال الحافظ ابن كثير -رحمه الله- في تفسير هذه الآية ما نصه: وقوله: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنََ الْمُؤْمِنَاتِ﴾ أي وأحل لكم نكاح الحرائر العفائف من النساء المؤمنات، وذكر هذا توطئة لما بعده وهو قوله تعالى: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ﴾ فقيل: أراد بالمحصنات الحرائر دون الإماء، حكاه ابن جرير عن مجاهد، وإنما قال مجاهد المحصنات الحرائر فيحتمل أن يكون أراد ما حكاه عنه، ويحتمل أن يكون أراد بالحرة العفيفة كما في الرواية الأخرى عنه، وهو قول الجمهور ههنا، وهو الأشبه لئلا يجتمع فيها أن تكون ذمية وهي مع ذلك غير عفيفة، فيفسد حالها بالكلية ويتحصل زوجها على ما قيل في المثل (حشف وسوء كيل).

conformément à la parole d'Allâh سبحانه dans le verset précédent de la sourate Al-Mâ'idah [sens rapproché] : « Et les femmes vertueuses parmi les croyantes, et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous, si vous leur donnez leurs douaires, en hommes chastes, non débauchés ni preneurs d'amantes. Et quiconque renie la foi, son œuvre est vaine, et il sera dans l'au-delà parmi les perdants » [Al-Mâ'idah : 5]. La mouhsanah est la femme libre et chaste, selon la plus juste des paroles des savants de l'exégèse. Le Hâfiz Ibn Kathîr (rahimahou Allâh) a dit dans l'exégèse de ce verset, texte cité : Sa parole : « Et les femmes vertueuses parmi les croyantes », c'est-à-dire : il vous est rendu licite d'épouser les femmes libres et chastes parmi les femmes croyantes ; Il a mentionné cela en introduction à ce qui suit, à savoir Sa parole تعالى : « Et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous ». On a dit : Il a voulu par « al-mouhsanât » les femmes libres à l'exclusion des esclaves ; Ibn Jarîr l'a rapporté de Moujâhid, et Moujâhid a seulement dit : les mouhsanât sont les femmes libres. Il est possible qu'il ait voulu ce qu'on a rapporté de lui, et il est possible qu'il ait voulu par la femme libre la femme chaste, comme dans l'autre version venant de lui ; c'est la parole de la majorité ici, et c'est le plus vraisemblable, afin qu'il ne se réunisse pas en elle d'être dhimmiyyah et, avec cela, non chaste : son état serait alors entièrement corrompu, et son époux obtiendrait ce qu'on dit dans le proverbe : de mauvaises dattes et une mesure faussée.

والظاهر من الآية أن المراد بالمحصنات: العفيفات عن الزنى، كما قال تعالى في الآية الأخرى: ﴿مُحْصَنَاتٍ غَيْرَ مُسَافِحَاتٍ وَلا مُتَّخِذَاتِ أَخْدَانٍ﴾ [النساء:25] ثم اختلف المفسرون والعلماء في قوله تعالى: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ﴾ هل يعم كل كتابية عفيفة سواء كانت حرة أو أمة؟

Ce qui ressort du verset est que le sens de « al-mouhsanât » est : celles qui sont chastes à l'égard de la fornication, comme Il تعالى a dit dans l'autre verset [sens rapproché] : « vertueuses, non débauchées ni preneuses d'amants » [An-Nisâ' : 25]. Puis les exégètes et les savants ont divergé au sujet de Sa parole تعالى : « Et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous » : englobe-t-elle toute femme du Livre chaste, qu'elle soit libre ou esclave ?

حكاه ابن جرير عن طائفة من السلف ممن فسر المحصنة بالعفيفة، وقيل المراد بأهل الكتاب ههنا الإسرائيليات وهو مذهب الشافعي، وقيل المراد بذلك الذميات دون الحربيات؛ لقوله تعالى: ﴿قَاتِلُوا الَّذِينَ لا يُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَلا بِالْيَوْمِ الْآخِرِ﴾ الآية [التوبة:29].

Ibn Jarîr l'a rapporté d'un groupe des Salaf parmi ceux qui ont interprété la mouhsanah comme la femme chaste. On a dit aussi : ce qui est visé par les gens du Livre ici, ce sont les femmes israélites, et c'est l'école d'ash-Shâfiʿî. On a dit encore : ce qui est visé, ce sont les femmes dhimmies, à l'exclusion des femmes en guerre contre les musulmans ; en raison de Sa parole تعالى [sens rapproché] : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allâh ni au Jour dernier » [At-Tawbah : 29], jusqu'à la fin du verset.

وقد كان عبدالله بن عمر لا يرى التزويج بالنصرانية، ويقول لا أعلم شركا أعظم من أن تقول إن ربها عيسى، وقد قال الله تعالى: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ حَتَّى يُؤْمِنَّ﴾ الآية [البقرة:221].

ʿAbd Allâh ibn ʿOumar ne considérait pas comme permis le mariage avec la chrétienne, et il disait : je ne connais pas de Shirk plus grand que le fait qu'elle dise que son Seigneur est ʿÎsâ, alors qu'Allâh تعالى a dit [sens rapproché] : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes tant qu'elles n'ont pas cru » [Al-Baqarah : 221], jusqu'à la fin du verset.

وقال ابن أبي حاتم: حدثنا أبي حدثنا محمد بن حاتم بن سليمان المؤدب حدثنا القاسم بن مالك يعني المزني حدثنا إسماعيل بن سميع عن أبي مالك الغفاري قال: نزلت هذه الآية: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ حَتَّى يُؤْمِنَّ﴾ قال: فحجز الناس عنهن حتى نزلت الآية التي بعدها: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينََ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ﴾ فنكح الناس نساء أهل الكتاب، وقد تزوج جماعة من الصحابة من نساء النصارى ولم يروا بذلك بأسا أخذا بهذه الآية الكريمة: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْْ قَبْلِكُمْ﴾ فجعلوا هذه مخصصة للتي في سورة البقرة: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ حَتَّى يُؤْمِنَّ﴾ إن قيل بدخول الكتابيات في عمومها وإلا فلا معارضة بينها وبينها؛

Ibn Abî Hâtim a dit : mon père nous a rapporté : Mouhammad ibn Hâtim ibn Soulaymân al-Mou'addib nous a rapporté : al-Qâsim ibn Mâlik, c'est-à-dire al-Mouzanî, nous a rapporté : Ismâʿîl ibn Soumayʿ nous a rapporté, d'après Aboû Mâlik al-Ghifârî, qui a dit : ce verset est descendu : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes tant qu'elles n'ont pas cru » ; il a dit : les gens s'abstinrent donc d'elles, jusqu'à ce que descende le verset qui vient après : « Et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous » ; alors les gens épousèrent des femmes des gens du Livre. Un groupe de Compagnons épousèrent des femmes chrétiennes et n'y virent aucun mal, se fondant sur ce noble verset : « Et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous », faisant de celui-ci une spécification du verset de la sourate Al-Baqarah : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes tant qu'elles n'ont pas cru », si l'on admet que les femmes du Livre entrent dans sa généralité ; sinon, il n'y a aucune contradiction entre l'un et l'autre ;

لأن أهل الكتاب قد انفصلوا في ذكرهم عن المشركين في غير موضع، كقوله تعالى: ﴿لَمْ يَكُنِ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ مُنْفَكِّينَ حَتَّى تَأْتِيَهُمُ الْبَيِّنَةُ﴾ [البينة:1] وكقوله: ﴿وَقُلْ لِلَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ وَالْأُمِّيِّينَ أَأَسْلَمْتُمْ فَإِنْ أَسْلَمُواا فَقَدِ اهْتَدَوْا﴾ الآية [آل عمران:20]. انتهى المقصود من كلام الحافظ ابن كثير -رحمه الله-.

car les gens du Livre ont été mentionnés séparément des polythéistes en plus d'un endroit, comme Sa parole تعالى [sens rapproché] : « Ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ainsi que les polythéistes, ne cesseront pas avant que ne leur vienne la preuve évidente » [Al-Bayyinah : 1], et Sa parole [sens rapproché] : « Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu'aux illettrés : avez-vous embrassé l'Islâm ? S'ils embrassent l'Islâm, ils sont bien guidés » [Âl ʿImrân : 20], jusqu'à la fin du verset. Fin de ce qui était visé des propos du Hâfiz Ibn Kathîr (rahimahou Allâh).

وقال أبو محمد موفق الدين عبدالله بن أحمد بن قدامة الحنبلي -رحمه الله- في كتابه المغني ما نصه: (ليس بين أهل العلم بحمد الله اختلاف في حل حرائر نساء أهل الكتاب، وممن روي عنه ذلك عمر وعثمان وطلحة وحذيفة وسلمان وجابر وغيرهم، قال ابن المنذر ولا يصح عن أحد من الأوائل أنه حرم ذلك، وروى الخلال بإسناده أن حذيفة وطلحة والجارود بن المعلى وأذينة العبدي تزوجوا نساء من أهل الكتاب وبه قال سائر أهل العلم، وحرمته الإمامية تمسكا بقوله تعالى: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ حَتَّى يُؤْمِنَّ﴾ [البقرة:221] ﴿وَلا تُمْسِكُوا بِعِصَمِ الْكَوَافِرِ﴾ [الممتحنة:10].

Aboû Mouhammad Mouwaffaq ad-Dîn ʿAbd Allâh ibn Ahmad ibn Qoudâmah le hanbalite (rahimahou Allâh) a dit dans son livre al-Moughnî, texte cité : il n'y a pas, parmi les gens de science, à Allâh la louange, de divergence sur la licéité des femmes libres des gens du Livre ; parmi ceux dont cela est rapporté : ʿOumar, ʿOuthmân, Talhah, Houdhayfa, Salmân, Jâbir et d'autres. Ibn al-Moundhir a dit : il n'est authentiquement rapporté d'aucun des anciens qu'il l'ait interdit. Al-Khallâl a rapporté avec sa chaîne que Houdhayfa, Talhah, al-Jâroûd ibn al-Mouʿallâ et Oudhaynah al-ʿAbdî épousèrent des femmes des gens du Livre ; c'est la parole de tous les autres gens de science. Les imamites l'ont interdit, s'accrochant à Sa parole تعالى [sens rapproché] : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes tant qu'elles n'ont pas cru » [Al-Baqarah : 221], et : « Et ne restez pas liés par les liens conjugaux avec les mécréantes » [Al-Moumtahanah : 10].

ولنا قول الله تعالى: ﴿الْيَوْمَ أُحِلَّ لَكُمُ الطَّيِّبَاتُ﴾ إلى قوله: ﴿وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ إِذَاا آتَيْتُمُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ﴾ [المائدة:5] وإجماع الصحابة.

Nous avons pour nous la parole d'Allâh تعالى [sens rapproché] : « Aujourd'hui, les bonnes choses vous sont rendues licites », jusqu'à Sa parole : « Et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous, si vous leur donnez leurs douaires » [Al-Mâ'idah : 5], ainsi que le consensus des Compagnons.

فأما قوله سبحانه: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ﴾ [البقرة:221] فروي عن ابن عباس رضي الله عنهما أنها نسخت بالآية التي في سورة المائدة وكذلك ينبغي أن يكون ذلك في الآية الأخرى؛

Quant à Sa parole سبحانه : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes » [Al-Baqarah : 221], il est rapporté d'Ibn ʿAbbâs (qu'Allâh les agrée tous deux) qu'elle a été abrogée par le verset de la sourate Al-Mâ'idah, et il devrait en aller de même pour l'autre verset ;

لأنهما متقدمتان والآية التي في المائدة متأخرة عنهما، وقال آخرون ليس هذا نسخا، فإن لفظ المشركين بإطلاقه لا يتناول أهل الكتاب، بدليل قوله سبحانه: ﴿لَمْ يَكُنِ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ مُنْفَكِّينَ﴾ [البينة:1] وقوله تعالى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ﴾ [البينة:6] وقوله عز وجل: ﴿لَتَجِدَنَّ أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً لِلَّذِينَ آمَنُوا الْيَهُودَ وَالَّذِينَ أَشْرَكُوا﴾ [المائدة:82] وقوله تعالى: ﴿مَا يَوَدُّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَلا الْمُشْرِكِينَ﴾ [البقرة:105] وسائر آي القرآن يفصل بينهما، فدل على أن لفظة المشركين بإطلاقها غير متناولة لأهل الكتاب، وهذا معنى قول سعيد بن جبير وقتادة؛

car les deux sont antérieurs, et le verset de la sourate Al-Mâ'idah leur est postérieur. D'autres ont dit : ce n'est pas une abrogation, car le terme « polythéistes », pris absolument, n'englobe pas les gens du Livre, avec pour preuve Sa parole سبحانه [sens rapproché] : « Ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ainsi que les polythéistes, ne cesseront pas » [Al-Bayyinah : 1], Sa parole تعالى [sens rapproché] : « Certes, ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ainsi que les polythéistes » [Al-Bayyinah : 6], Sa parole عز وجل [sens rapproché] : « Tu trouveras certes que les gens les plus hostiles envers ceux qui ont cru sont les juifs et ceux qui ont associé » [Al-Mâ'idah : 82], et Sa parole تعالى [sens rapproché] : « Ni ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ni les polythéistes, ne voudraient... » [Al-Baqarah : 105] ; et tous les autres versets du Coran distinguent entre les deux, ce qui indique que le terme « polythéistes », pris absolument, n'englobe pas les gens du Livre ; c'est le sens de la parole de Saʿîd ibn Joubayr et de Qatâdah ;

ولأن ما احتجوا به عام في كل كافرة، وآيتنا خاصة في حل نساء أهل الكتاب والخاص يجب تقديمه، إذا ثبت هذا فالأولى أن لا يتزوج كتابية؛ لأن عمر -رضي الله عنه- قال للذين تزوجوا من نساء أهل الكتاب: (طلقوهن)، فطلقوهن إلا حذيفة، فقال له عمر: (طلقها) قال: (تشهد أنها حرام) قال: (هي خمرة طلقها) قال: (تشهد أنها حرام) قال: (هي خمرة) قال: (قد علمت أنها خمرة، ولكنها لي حلال، فلما كان بعد، طلقها، فقيل له: ألا طلقتها حين أمرك عمر؟

et parce que ce qu'ils ont invoqué comme argument est général pour toute mécréante, tandis que notre verset est spécifique à la licéité des femmes des gens du Livre, et le spécifique doit être fait passer en premier. Cela étant établi, le plus convenable est de ne pas épouser une femme du Livre ; car ʿOumar (qu'Allâh l'agrée) dit à ceux qui avaient épousé des femmes des gens du Livre : divorcez d'elles. Ils en divorcèrent, sauf Houdhayfa. ʿOumar lui dit : divorce d'elle. Il répondit : attestes-tu qu'elle est interdite ? Il dit : c'est une braise, divorce d'elle. Il répondit : attestes-tu qu'elle est interdite ? Il dit : c'est une braise. Il répondit : je sais qu'elle est une braise, mais elle m'est licite. Plus tard, il en divorça ; on lui dit : pourquoi n'as-tu pas divorcé d'elle lorsque ʿOumar te l'a ordonné ?

قال: كرهت أن يرى الناس أني ركبت أمرا لا ينبغي لي، ولأنه ربما مال إليها قلبه فتفتنه، وربما كان بينهما ولد فيميل إليها) انتهى كلام صاحب المغني -رحمه الله-.

Il répondit : j'ai répugné à ce que les gens voient que je me serais engagé dans une affaire qui ne me convenait pas. Et aussi parce qu'il se peut que son cœur penche vers elle et qu'elle le mette en tentation, et qu'il se peut qu'il y ait entre eux un enfant qui penchera vers elle. Fin des propos de l'auteur d'al-Moughnî (rahimahou Allâh).

والخلاصة مما ذكره الحافظ ابن كثير وصاحب المغني -رحمة الله عليهما- أنه لا تعارض بين قوله سبحانه في سورة البقرة: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ حَتَّى يُؤْمِنَّ﴾ الآية [البقرة:221] وبين قوله في سورة المائدة: ﴿الْيَوْمَ أُحِلَّ لَكُمُ الطَّيِّبَاتُ وَطَعَامُ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ حِلٌّ لَكُمْ وَطَعَامُكُمْ حِلٌّ لَهُمْْ وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الْمُؤْمِنَاتِ وَالْمُحْصَنَاتُ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ﴾ الآية [المائدة:5] لوجهين:

Le résumé de ce qu'ont mentionné le Hâfiz Ibn Kathîr et l'auteur d'al-Moughnî (qu'Allâh leur fasse miséricorde à tous deux) est qu'il n'y a pas de contradiction entre Sa parole سبحانه dans la sourate Al-Baqarah [sens rapproché] : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes tant qu'elles n'ont pas cru » [Al-Baqarah : 221], et Sa parole dans la sourate Al-Mâ'idah [sens rapproché] : « Aujourd'hui, les bonnes choses vous sont rendues licites. La nourriture de ceux à qui le Livre a été donné vous est licite, et votre nourriture leur est licite. Et les femmes vertueuses parmi les croyantes, et les femmes vertueuses parmi ceux à qui le Livre a été donné avant vous » [Al-Mâ'idah : 5], et cela pour deux raisons :

أحدهما: أن أهل الكتاب غير داخلين في المشركين عند الإطلاق؛

La première : les gens du Livre n'entrent pas dans les polythéistes lorsque le terme est employé absolument ;

لأن الله سبحانه فصل بينهم في آيات كثيرات، مثل قوله عز وجل: ﴿لَمْ يَكُنِ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ مُنْفَكِّينَ﴾ الآية [البينة:1] وقوله سبحانه: ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا﴾ الآية [البينة:6] وقوله عز وجل: ﴿مَا يَوَدُّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَلا الْمُشْرِكِينَ أَنْ يُنَزَّلَ عَلَيْكُمْْ مِنْ خَيْرٍ مِنْ رَبِّكُمْ﴾ الآية [البقرة:105] إلى غير ذلك من الآيات المفرقة بين أهل الكتاب والمشركين، وعلى هذا الوجه لا تكون المحصنات من أهل الكتاب داخلات في المشركات المنهي عن نكاحهن في سورة البقرة، فلا يبقى بين الآيتين تعارض، وهذا القول فيه نظر، والأقرب أن أهل الكتاب داخلون في المشركين والمشركات عند الإطلاق رجالهم ونساؤهم؛

car Allâh سبحانه a distingué entre eux dans de nombreux versets, comme Sa parole عز وجل [sens rapproché] : « Ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ainsi que les polythéistes, ne cesseront pas » [Al-Bayyinah : 1], Sa parole سبحانه [sens rapproché] : « Certes, ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ainsi que les polythéistes, seront dans le feu de la Géhenne, pour y demeurer éternellement » [Al-Bayyinah : 6], et Sa parole عز وجل [sens rapproché] : « Ni ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, ni les polythéistes, ne voudraient qu'on fasse descendre sur vous un bien de la part de votre Seigneur » [Al-Baqarah : 105], et d'autres versets encore qui distinguent entre les gens du Livre et les polythéistes. Selon ce point de vue, les femmes vertueuses des gens du Livre n'entrent pas dans les femmes polythéistes dont le mariage est interdit dans la sourate Al-Baqarah, et il ne reste donc aucune contradiction entre les deux versets. Mais cette parole prête à discussion : le plus proche de la vérité est que les gens du Livre entrent dans les termes « polythéistes » et « femmes polythéistes » lorsqu'ils sont employés absolument, leurs hommes comme leurs femmes ;

لأنهم كفار مشركون بلا شك، ولهذا يمنعون من دخول المسجد الحرام لقوله : ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّمَا الْمُشْرِكُونَ نَجَسٌ فَلا يَقْرَبُوا الْمَسْجِدَ الْحَرَامَ بَعْدَ عَامِهِمْ هَذَا﴾ الآية [التوبة:28] ولو كان أهل الكتاب لا يدخلون في اسم المشركين عند الإطلاق لم تشملهم هذه الآية، ولما ذكر سبحانه عقيدة اليهود والنصارى في سورة براءة قال بعد ذلك: ﴿وَمَا أُمِرُوا إِلا لِيَعْبُدُوا إِلَهًا وَاحِدًا لا إِلَهَ إِلا هُوَ سُبْحَانَهُ عَمَّا يُشْرِكُونَ﴾ [التوبة:31] فوصفهم جميعا بالشرك؛

car ils sont mécréants et polythéistes sans aucun doute. C'est pourquoi il leur est interdit d'entrer dans la Mosquée sacrée, en raison de Sa parole [sens rapproché] : « Ô vous qui avez cru ! Les polythéistes ne sont qu'impureté : qu'ils ne s'approchent donc pas de la Mosquée sacrée après cette année-ci » [At-Tawbah : 28], jusqu'à la fin du verset. Si les gens du Livre n'entraient pas dans le nom de « polythéistes » lorsqu'il est employé absolument, ce verset ne les inclurait pas. Et lorsqu'Il سبحانه a mentionné la croyance des juifs et des chrétiens dans la sourate Barâ'ah, Il a dit ensuite [sens rapproché] : « Alors qu'il ne leur a été ordonné que d'adorer un Dieu unique : nul dieu digne d'adoration en dehors de Lui ; gloire à Lui, au-dessus de ce qu'ils associent » [At-Tawbah : 31]. Il les a donc tous décrits par le Shirk ;

لأن اليهود قالوا: عزير ابن الله، والنصارى قالوا: المسيح ابن الله، ولأنهم جميعا اتخذوا أحبارهم ورهبانهم أربابا من دون الله، وهذا كله من أقبح الشرك، والآيات في هذا المعنى كثيرة.

car les juifs ont dit : ʿOuzayr est le fils d'Allâh, et les chrétiens ont dit : le Messie est le fils d'Allâh ; et parce qu'ils ont tous pris leurs rabbins et leurs moines comme seigneurs en dehors d'Allâh. Tout cela compte parmi le plus laid des Shirk, et les versets en ce sens sont nombreux.

والوجه الثاني: أن آية المائدة مخصصة لآية البقرة، والخاص يقضي على العام ويقدم عليه كما هو معروف في الأصول، وهو مجمع عليه في الجملة، وهذا هو الصواب، وبذلك يتضح أن المحصنات من أهل الكتاب حل للمسلمين غير داخلات في المشركات المنهى عن نكاحهن عند جمهور أهل العلم، بل هو كالإجماع منهم، لما تقدم في كلام صاحب المغني، ولكن ترك نكاحهن والاستغناء عنهن بالمحصنات من المؤمنات أولى وأفضل؛

La seconde raison : le verset de la sourate Al-Mâ'idah spécifie le verset de la sourate Al-Baqarah, et le spécifique tranche sur le général et lui est fait passer devant, comme cela est connu dans la science des fondements et fait l'objet d'un consensus dans l'ensemble. C'est cela qui est juste. Il apparaît ainsi clairement que les femmes vertueuses des gens du Livre sont licites aux musulmans et n'entrent pas dans les femmes polythéistes dont le mariage est interdit, auprès de la majorité des gens de science : c'est même quasiment un consensus de leur part, d'après ce qui a précédé dans les propos de l'auteur d'al-Moughnî. Cependant, délaisser leur mariage et s'en passer au profit des femmes vertueuses parmi les croyantes est plus convenable et meilleur ;

لما جاء في ذلك عن أمير المؤمنين عمر ابن الخطاب -رضي الله عنه- وابنه عبدالله وجماعة من السلف الصالح -رضي الله عنهم، ولأن نكاح نساء أهل الكتاب فيه خطر، ولا سيما في هذا العصر الذي استحكمت فيه غربة الإسلام وقل فيه الرجال الصالحون الفقهاء في الدين وكثر فيه الميل إلى النساء والسمع والطاعة لهن في كل شيء إلا ما شاء الله، فيخشى على الزوج أن تجره زوجته الكتابية إلى دينها وأخلاقها، كما يخشى على أولاده منها من ذلك، والله المستعان.

en raison de ce qui est venu à ce sujet de l'émir des croyants ʿOumar ibn al-Khattâb (qu'Allâh l'agrée), de son fils ʿAbd Allâh et d'un groupe des pieux prédécesseurs (qu'Allâh les agrée) ; et parce que le mariage avec les femmes des gens du Livre comporte un danger, surtout à cette époque où l'étrangeté de l'Islâm s'est solidement installée, où se sont faits rares les hommes vertueux et dotés de compréhension de la religion, et où abonde l'inclination vers les femmes, l'écoute et l'obéissance envers elles en toute chose, sauf ce qu'Allâh veut. On craint donc pour l'époux que son épouse du Livre ne l'entraîne vers sa religion et ses mœurs, comme on le craint pour les enfants qu'il aura d'elle. Et c'est Allâh dont on implore l'aide.

فإن قيل: فما وجه الحكمة في إباحة المحصنات من أهل الكتاب للمسلمين وعدم إباحة المسلمات للرجال من أهل الكتاب، فالجواب عن ذلك- والله أعلم- أن يقال: إن المسلمين لما آمنوا بالله وبرسله وما أنزل عليهم ومن جملتهم موسى بن عمران وعيسى ابن مريم -عليهما الصلاة والسلام-، ومن جملة ما أنزل على الرسل التوراة المنزلة على موسى والإنجيل المنزل على عيسى، لما آمن المسلمون بهذا كله أباح الله لهم نساء أهل الكتاب المحصنات فضلا منه عليهم وإكمالا لإحسانه إليهم، ولما كفر أهل الكتاب بمحمد ﷺ وما أنزل عليه من الكتاب العظيم وهو القرآن، حرم الله عليهم نساء المسلمين حتى يؤمنوا بنبيه ورسوله محمد ﷺ خاتم الأنبياء والمرسلين، فإذا آمنوا به حل لهم نساؤنا، وصار لهم ما لنا وعليهم ما علينا، والله سبحانه هو الحكم العدل البصير بأحوال عباده، العليم بما يصلحهم، الحكيم في كل شيء، تعالى وتقدس وتنزه عن قول الضالين والكافرين وسائر المشركين.

Si l'on demande : quelle est la sagesse dans la permission des femmes vertueuses des gens du Livre pour les musulmans, et la non-permission des musulmanes pour les hommes des gens du Livre ? La réponse, et Allâh est plus Savant, est de dire : les musulmans ont cru en Allâh, en Ses Messagers et en ce qui leur a été descendu, parmi lesquels Moûsâ fils de ʿImrân et ʿÎsâ fils de Maryam (que soient sur eux la prière et le salut), et fait partie de ce qui a été descendu sur les Messagers la Thora descendue sur Moûsâ et l'Évangile descendu sur ʿÎsâ ; lorsque les musulmans ont cru en tout cela, Allâh leur a rendu licites les femmes vertueuses des gens du Livre, par grâce de Sa part envers eux et pour parfaire Son bienfait à leur égard. Et lorsque les gens du Livre ont mécru en Mouhammad ﷺ et au Livre immense qui lui a été descendu, à savoir le Coran, Allâh leur a interdit les femmes des musulmans, jusqu'à ce qu'ils croient en Son Prophète et Messager Mouhammad ﷺ, sceau des Prophètes et des Messagers ; s'ils croient en lui, nos femmes leur deviennent licites, et ils ont alors les mêmes droits que nous et les mêmes devoirs que nous. Allâh سبحانه est le Juge équitable, Clairvoyant sur les états de Ses serviteurs, Connaisseur de ce qui fait leur bien, Sage en toute chose ; exalté, sanctifié et exempté soit-Il de la parole des égarés, des mécréants et de tous les polythéistes.

وهناك حكمة أخرى وهي: أن المرأة ضعيفة سريعة الانقياد للزوج، فلو أبيحت المسلمة لرجال أهل الكتاب لأفضى بها ذلك غالبا إلى دين زوجها؛ فاقتضت حكمة الله سبحانه تحريم ذلك.

Il y a une autre sagesse encore : la femme est faible et se soumet rapidement à l'époux ; si la musulmane était rendue licite aux hommes des gens du Livre, cela la conduirait le plus souvent à la religion de son époux : la sagesse d'Allâh سبحانه a donc exigé l'interdiction de cela.

المسألة الثالثة: من هم أهل الكتاب؟

Troisième question : qui sont les gens du Livre ?

والجواب: هم اليهود والنصارى، كما نص على ذلك علماء التفسير وغيرهم، أما المجوس فليسوا من أهل الكتاب عند الإطلاق، ولكنهم يعاملون معاملتهم في أخذ الجزية منهم؛

Réponse : ce sont les juifs et les chrétiens, comme l'ont énoncé expressément les savants de l'exégèse et d'autres. Quant aux mazdéens (Majoûs), ils ne font pas partie des gens du Livre au sens absolu, mais on les traite comme eux pour le prélèvement de la jizyah ;

لأن الرسول ﷺ أخذها منهم، أما نساؤهم وذبائحهم فحرام على المسلمين عند الأئمة الأربعة وغيرهم، وهو كالإجماع من أهل العلم، وفي حلهما قول شاذ لا يعول عليه عند أهل العلم، وممن نص على ما ذكرنا من العلماء أبو محمد بن قدامة -رحمه الله- في كتابه المغني قال ما نصه: (فصل: وأهل الكتاب الذين هذا حكمهم هم أهل التوراة والإنجيل، قال الله تعالى: ﴿أَنْ تَقُولُوا إِنَّمَا أُنْزِلَ الْكِتَابُ عَلَى طَائِفَتَيْنِ مِنْ قَبْلِنَا﴾ [الأنعام:156] فأهل التوراة اليهود والسامرة، وأهل الإنجيل النصارى ومن وافقهم في أصل دينهم من الإفرنج والأرمن وغيرهم...

car le Messager ﷺ l'a prélevée sur eux. Quant à leurs femmes et à leurs bêtes égorgées, elles sont interdites aux musulmans auprès des quatre imams et d'autres, et c'est quasiment un consensus des gens de science ; il existe, quant à leur licéité, une parole isolée sur laquelle on ne s'appuie pas auprès des gens de science. Parmi les savants qui ont énoncé expressément ce que nous avons mentionné : Aboû Mouhammad ibn Qoudâmah (rahimahou Allâh) dans son livre al-Moughnî, où il a dit, texte cité : section : les gens du Livre qui ont ce statut sont les gens de la Thora et de l'Évangile. Allâh تعالى a dit [sens rapproché] : « De peur que vous ne disiez : le Livre n'a été descendu que sur deux communautés avant nous » [Al-Anʿâm : 156]. Les gens de la Thora sont les juifs et les samaritains, et les gens de l'Évangile sont les chrétiens et ceux qui les rejoignent dans le fondement de leur religion, parmi les Francs, les Arméniens et d'autres...

إلى أن قال -رحمه الله: فصل: وليس للمجوس كتاب، ولا تحل ذبائحهم ولا نكاح نسائهم، نص عليه أحمد وهو قول عامة العلماء إلا أبا ثور، فإنه أباح ذلك لقول النبي ﷺ: «سنوا بهم سنة أهل الكتاب»؛ ولأنه روي أن حذيفة تزوج مجوسية، ولأنهم يقرون بالجزية فأشبهوا اليهود والنصارى.

Jusqu'à ce qu'il dise (rahimahou Allâh) : section : les mazdéens n'ont pas de Livre ; leurs bêtes égorgées ne sont pas licites, ni le mariage avec leurs femmes ; Ahmad l'a énoncé expressément, et c'est la parole de l'ensemble des savants, sauf Aboû Thawr, qui l'a permis en raison de la parole du Prophète ﷺ : « Suivez avec eux la voie suivie avec les gens du Livre » ; et parce qu'on a rapporté que Houdhayfa épousa une mazdéenne, et parce qu'ils sont maintenus moyennant la jizyah, ressemblant ainsi aux juifs et aux chrétiens.

ولنا قول الله تعالى: ﴿وَلا تَنْكِحُوا الْمُشْرِكَاتِ﴾ وقوله: ﴿وَلا تُمْسِكُوا بِعِصَمِ الْكَوَافِرِ﴾ فرخص من ذلك في أهل الكتاب، فمن عداهم يبقى على العموم، ولم يثبت أن للمجوس كتابا، وسئل أحمد: أيصح عن علي أن للمجوس كتابا؟

Nous avons pour nous la parole d'Allâh تعالى [sens rapproché] : « Et n'épousez pas les femmes polythéistes », et Sa parole : « Et ne restez pas liés par les liens conjugaux avec les mécréantes » ; une dérogation en a été faite pour les gens du Livre, et ceux qui sont en dehors d'eux restent sous la généralité. Il n'est pas établi que les mazdéens aient un Livre. On demanda à Ahmad : est-il authentique, d'après ʿAlî, que les mazdéens ont un Livre ?

فقال: هذا باطل واستعظمه جدا، ولو ثبت أن لهم كتابا فقد بينا أن حكم أهل الكتاب لا يثبت لغير أهل الكتابين، وقوله -عليه السلام: سنوا بهم سنة أهل الكتاب، دليل على أنه لا كتاب لهم، وإنما أراد به النبي ﷺ في حقن دمائهم وإقرارهم بالجزية لا غير، وذلك أنهم لما كانت لهم شبهة كتاب غلب ذلك في تحريم دمائهم، فيجب أن يغلب حكم التحريم لنسائهم وذبائحهم، فإننا إذا غلبنا الشبهة في التحريم فتغليب الدليل الذي عارضته الشبهة في التحريم أولى، ولم يثبت أن حذيفة تزوج مجوسية، وضعف أحمد رواية من روى عن حذيفة أنه تزوج مجوسية، وقال أبو وائل: يقول تزوج يهودية وهو أوثق ممن روي عنه أنه تزوج مجوسية، وقال ابن سيرين: كانت امرأة حذيفة نصرانية، ومع تعارض الروايات لا يثبت حكم إحداهن إلا بترجيح، على أنه لو ثبت ذلك عن حذيفة فلا يجوز الاحتجاج به مع مخالفة الكتاب وقول سائر العلماء، وأما إقرارهم بالجزية فلأننا غلبنا حكم التحريم لدمائهم فيجب أن يغلب حكم التحريم في ذبائحهم ونسائهم) انتهى المقصود من كلام صاحب المغني -رحمه الله. والله أعلم.

Il répondit : cela est faux, et il le désapprouva fortement. Et même s'il était établi qu'ils ont un Livre, nous avons exposé que le statut des gens du Livre ne s'applique pas à d'autres que les gens des deux Livres. Sa parole (ʿalayhi as-salâm) : « Suivez avec eux la voie suivie avec les gens du Livre » est une preuve qu'ils n'ont pas de Livre : le Prophète ﷺ n'a voulu par là que la préservation de leur sang et leur maintien moyennant la jizyah, rien d'autre. En effet, comme ils avaient une apparence douteuse de Livre, cela a prévalu pour l'interdiction de leur sang ; il faut donc que prévale le jugement de l'interdiction pour leurs femmes et leurs bêtes égorgées, car si nous faisons prévaloir le doute dans l'interdiction, faire prévaloir la preuve à laquelle le doute s'oppose, dans l'interdiction, est plus digne encore. Il n'est pas établi que Houdhayfa ait épousé une mazdéenne : Ahmad a jugé faible la version de celui qui a rapporté de Houdhayfa qu'il épousa une mazdéenne. Aboû Wâ'il a dit : il a épousé une juive, et il est plus digne de confiance que celui dont on a rapporté qu'il épousa une mazdéenne. Ibn Sîrîn a dit : la femme de Houdhayfa était chrétienne. Avec la contradiction des versions, le jugement d'aucune d'elles ne s'établit sans prépondérance ; et quand bien même cela serait établi de Houdhayfa, il ne serait pas permis de l'invoquer comme argument face au Livre et à la parole de tous les savants. Quant à leur maintien moyennant la jizyah, c'est que nous avons fait prévaloir le jugement de l'interdiction pour leur sang : il faut donc que prévale le jugement de l'interdiction pour leurs bêtes égorgées et leurs femmes. Fin de ce qui était visé des propos de l'auteur d'al-Moughnî (rahimahou Allâh). Et Allâh est plus Savant.

المسألة الرابعة: من هو الخليفة الأول بعد رسول الله ﷺ؟ ومن يتلوه بالتسلسل إلخ؟

Quatrième question : qui est le premier calife après le Messager d'Allâh ﷺ ? Et qui lui succède dans l'ordre, etc. ?

والجواب: قد أجمع أهل السنة والجماعة على أن الخليفة بعد رسول الله ﷺ هو أبو بكر الصديق، ثم عمر بن الخطاب، ثم عثمان بن عفان، ثم علي بن أبي طالب -رضي الله عنهم جميعا-، وهذه مراتبهم في الفضل والخلافة، وقد فضل بعض أهل السنة عليا على عثمان -رضي الله عنهما، ولكن جمهور أهل السنة قدموا عثمان على علي؛ لأن الصحابة قدموه عليه في الخلافة، وجاءت آثار كثيرة عن رسول الله ﷺ تدل على ذلك.

Réponse : les gens de la Sounnah et du groupe sont unanimes sur le fait que le calife après le Messager d'Allâh ﷺ est Aboû Bakr as-Siddîq, puis ʿOumar ibn al-Khattâb, puis ʿOuthmân ibn ʿAffân, puis ʿAlî ibn Abî Tâlib (qu'Allâh les agrée tous) ; tels sont leurs rangs dans le mérite et dans le califat. Certains parmi les gens de la Sounnah ont donné à ʿAlî le mérite sur ʿOuthmân (qu'Allâh les agrée tous deux), mais la majorité des gens de la Sounnah ont fait passer ʿOuthmân avant ʿAlî ; car les Compagnons l'ont fait passer avant lui dans le califat, et de nombreux récits sont venus du Messager d'Allâh ﷺ qui l'indiquent.

وقال الإمام أبو جعفر الطحاوي -رحمه الله- في عقيدته المشهورة التي نقل فيها عقيدة أهل السنة والجماعة ما نصه: (ونحب أصحاب رسول الله ﷺ، ولا نفرط في حب أحد منهم، ولا نتبرأ من أحد منهم، ونبغض من يبغضهم وبغير الخير يذكرهم، ولا نذكرهم إلا بخير، وحبهم دين وإيمان وإحسان، وبغضهم كفر ونفاق وطغيان، ونثبت الخلافة بعد رسول الله ﷺ أولا لأبي بكر الصديق تفضيلا له وتقديما على جميع الأمة، ثم لعمر بن الخطاب ، ثم لعثمان ، ثم لعلي بن أبي طالب ، وهم الخلفاء الراشدون والأئمة المهديون) انتهى.

L'imam Aboû Jaʿfar at-Tahâwî (rahimahou Allâh) a dit dans sa profession de foi célèbre, dans laquelle il a transmis la croyance des gens de la Sounnah et du groupe, texte cité : nous aimons les Compagnons du Messager d'Allâh ﷺ, sans excès dans l'amour d'aucun d'eux, et sans nous désavouer d'aucun d'eux ; nous détestons quiconque les déteste ou les mentionne autrement qu'en bien, et nous ne les mentionnons qu'en bien ; les aimer est religion, foi et bienfaisance, et les détester est mécréance, hypocrisie et transgression. Nous affirmons le califat, après le Messager d'Allâh ﷺ, d'abord pour Aboû Bakr as-Siddîq, par mérite et préséance sur toute la communauté, puis pour ʿOumar ibn al-Khattâb, puis pour ʿOuthmân, puis pour ʿAlî ibn Abî Tâlib : ce sont les califes bien guidés et les imams sur la bonne direction. Fin de citation.

قال الإمام أبو الحسن الأشعري -رحمه الله- في كتابه المسمى (بالمقالات في حكاية مذهب أهل السنة والجماعة) ما نصه: (وجملة ما عليه أصحاب الحديث وأهل السنة الإقرار بالله وملائكته ورسله وما جاء من عند الله، وما رواه الثقات عن رسول الله ﷺ لا يردون من ذلك شيئا، وأن الله إله واحد فرد صمد لم يتخذ صاحبة ولا ولدا، وأن محمدا عبده ورسوله، وأن الجنة حق، وأن النار حق، وأن الساعة آتية لا ريب فيها، وأن الله يبعث من في القبور، وأن الله تعالى على عرشه كما قال: ﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى﴾ [طه:5] وأن له عينين بلا كيف كما قال سبحانه: ﴿تَجْرِي بِأَعْيُنِنَا﴾ [القمر:14] وأن له يدين بلا كيف كما قال سبحانه: ﴿مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ﴾ [ص:75] وقوله: ﴿بَلْ يَدَاهُ مَبْسُوطَتَانِ﴾ [المائدة:64] وأن له وجها جل ذكره كما قال تعالى: ﴿وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكََ ذُو الْجَلالِ وَالْإِكْرَامِ﴾ [الرحمن:27] إلى أن قال -رحمه الله- ويعرفون حق السلف الذين اختارهم الله لصحبة نبيه ﷺ، ويأخذون بفضائلهم ويمسكون عما شجر بينهم صغيرهم وكبيرهم، ويقدمون أبا بكر ثم عمر ثم عثمان ثم عليا رضي الله تعالى عنهم، ويقرون أنهم الخلفاء الراشدون المهديون، وأنهم أفضل الناس كلهم بعد النبي ﷺ).

L'imam Aboû al-Hasan al-Ashʿarî (rahimahou Allâh) a dit dans son livre intitulé al-Maqâlât, dans le récit de l'école des gens de la Sounnah et du groupe, texte cité : l'ensemble de ce sur quoi se trouvent les gens du hadîth et les gens de la Sounnah est : la reconnaissance d'Allâh, de Ses anges, de Ses Messagers et de ce qui est venu de la part d'Allâh, et de ce qu'ont rapporté les hommes dignes de confiance du Messager d'Allâh ﷺ, sans rien rejeter de cela ; qu'Allâh est un Dieu unique, Seul, Impénétrable, qui ne S'est donné ni compagne ni enfant ; que Mouhammad est Son serviteur et Son Messager ; que le Paradis est vérité et que l'Enfer est vérité ; que l'Heure vient, sans aucun doute, et qu'Allâh ressuscitera ceux qui sont dans les tombes ; qu'Allâh تعالى est sur Son Trône, comme Il a dit [sens rapproché] : « Le Tout Miséricordieux S'est élevé sur le Trône » [Tâ-Hâ : 5] ; qu'Il a deux Yeux, sans comment, comme Il سبحانه a dit [sens rapproché] : « voguant sous Nos Yeux » [Al-Qamar : 14] ; qu'Il a deux Mains, sans comment, comme Il سبحانه a dit [sens rapproché] : « Qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner devant ce que J'ai créé de Mes deux Mains ? » [Sâd : 75], et Sa parole [sens rapproché] : « Ses deux Mains sont au contraire largement ouvertes » [Al-Mâ'idah : 64] ; qu'Il a un Visage, exalté soit Son rappel, comme Il تعالى a dit [sens rapproché] : « Et demeure le Visage de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse » [Ar-Rahmân : 27]. Jusqu'à ce qu'il dise (rahimahou Allâh) : ils reconnaissent le droit des prédécesseurs qu'Allâh a choisis pour la compagnie de Son Prophète ﷺ ; ils retiennent leurs mérites et s'abstiennent de ce qui a éclaté entre eux, petit ou grand ; ils font passer en premier Aboû Bakr, puis ʿOumar, puis ʿOuthmân, puis ʿAlî (qu'Allâh تعالى les agrée), et ils reconnaissent qu'ils sont les califes bien guidés et sur la bonne direction, et qu'ils sont les meilleurs de tous les gens après le Prophète ﷺ.

انتهى المقصود من كلامه -رحمه الله، وبه يعلم أن أصحاب الحديث وأهل السنة جميعهم يقدمون أبا بكر ثم عمر ثم عثمان ثم عليا -رضي الله عنهم- جميعا في الفضل والخلافة.

Fin de ce qui était visé de ses propos (rahimahou Allâh). Par là on sait que les gens du hadîth et les gens de la Sounnah, tous, font passer en premier Aboû Bakr, puis ʿOumar, puis ʿOuthmân, puis ʿAlî (qu'Allâh les agrée tous), dans le mérite et dans le califat.

وقال شيخ الإسلام ابن تيمية -رحمه الله- في العقيدة الواسطية التي ذكر فيها عقيدة أهل السنة والجماعة ما نصه: (ومن أصول أهل السنة والجماعة سلامة قلوبهم وألسنتهم لأصحاب رسول الله ﷺ، كما وصفهم الله بذلك في قوله سبحانه: ﴿وَالَّذِينَ جَاءُوا مِنْ بَعْدِهِمْ يَقُولُونَ رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلِإِخْوَانِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بِالْإِيمَانِ وَلا تَجْعَلْ فِي قُلُوبِنَا غِلًّا لِلَّذِينَ آمَنُوا رَبَّنَا إِنَّكَ رَءُوفٌ رَحِيمٌ﴾ [الحشر:10] ويقبلون ما جاء به الكتاب والسنة من فضائلهم ومراتبهم...

Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahou Allâh) a dit dans la ʿAqîdah al-Wâsitiyyah, où il a mentionné la croyance des gens de la Sounnah et du groupe, texte cité : parmi les fondements des gens de la Sounnah et du groupe, il y a l'intégrité de leurs cœurs et de leurs langues à l'égard des Compagnons du Messager d'Allâh ﷺ, comme Allâh les a décrits dans Sa parole سبحانه [sens rapproché] : « Et ceux qui sont venus après eux disent : Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédés dans la foi, et ne mets pas dans nos cœurs de rancune envers ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es certes Compatissant et Miséricordieux » [Al-Hashr : 10]. Ils acceptent ce que le Livre et la Sounnah ont apporté au sujet de leurs mérites et de leurs rangs...

إلى أن قال -رحمه الله: ويقرون بما تواتر به النقل عن أمير المؤمنين علي بن أبي طالب ، وعن غيره من أن خير هذه الأمة بعد نبيها، أبو بكر، ثم عمر، ويثلثون بعثمان، ويربعون بعلي ، كما دلت عليه الآثار، وكما أجمع الصحابة على تقديم عثمان في البيعة، مع أن بعض أهل السنة كانوا قد اختلفوا في عثمان وعلي -رضي الله عنهما- بعد اتفاقهم على تقديم أبي بكر وعمر أيهما أفضل، فقدم قوم عثمان وسكتوا وربعوا بعلي، وقدم قوم عليا، وقوم توقفوا.

Jusqu'à ce qu'il dise (rahimahou Allâh) : ils reconnaissent ce que la transmission a rapporté de manière massive de l'émir des croyants ʿAlî ibn Abî Tâlib et d'autres : que le meilleur de cette communauté après son Prophète est Aboû Bakr, puis ʿOumar ; ils placent en troisième ʿOuthmân et en quatrième ʿAlî, comme l'ont indiqué les récits, et comme les Compagnons se sont accordés à faire passer ʿOuthmân en premier dans l'allégeance ; même si certains parmi les gens de la Sounnah avaient divergé au sujet de ʿOuthmân et de ʿAlî (qu'Allâh les agrée tous deux), après leur accord pour faire passer en premier Aboû Bakr et ʿOumar : lequel des deux est le meilleur ? Un groupe a fait passer ʿOuthmân en premier, s'est tu, et a placé ʿAlî quatrième ; un groupe a fait passer ʿAlî en premier ; et un groupe s'est abstenu.

لكن استقر أمر أهل السنة على تقديم عثمان ثم علي، وإن كانت هذه المسألة -مسألة عثمان وعلي- ليست من الأصول التي يضلل المخالف فيها عند جمهور أهل السنة، لكن التي يضلل فيها هي مسألة الخلافة، وذلك أنهم يؤمنون أن الخليفة بعد رسول الله ﷺ أبو بكر ثم عمر ثم عثمان ثم علي، ومن طعن في خلافة أحد من هؤلاء فهو أضل من حمار أهله) والنقول عن أهل السنة في هذا الباب كثيرة، ونرجو أن يكون فيما ذكرناه كفاية لطالب الحق.

Mais l'affaire des gens de la Sounnah s'est fixée sur la préséance de ʿOuthmân, puis de ʿAlî ; même si cette question, la question de ʿOuthmân et de ʿAlî, ne fait pas partie des fondements pour lesquels on juge égaré le contradicteur auprès de la majorité des gens de la Sounnah. Celle pour laquelle on le juge égaré est la question du califat : ils croient en effet que le calife après le Messager d'Allâh ﷺ est Aboû Bakr, puis ʿOumar, puis ʿOuthmân, puis ʿAlî ; et quiconque conteste le califat de l'un d'eux est plus égaré que l'âne de sa famille. Les citations des gens de la Sounnah dans ce chapitre sont nombreuses, et nous espérons qu'il y a dans ce que nous avons mentionné une suffisance pour celui qui recherche la vérité.

واسأل الله أن يوفقنا وإياكم وسائر المسلمين للفقه في دينه والثبات عليه، وأن يصلح قلوبنا وأعمالنا جميعا، وأن يهدينا صراطه المستقيم، إنه جواد كريم. وصلى الله وسلم على محمد وآله وصحبه أجمعين.

Je demande à Allâh de nous accorder, à nous, à vous et à tous les musulmans, la réussite dans la compréhension de Sa religion et la fermeté sur celle-ci ; de rendre bons nos cœurs et nos œuvres à tous ; et de nous guider sur Son droit chemin : Il est certes Munificent et Généreux. Et qu'Allâh prie et salue sur Mouhammad, sa Famille et tous ses Compagnons.

Majmoûʿ al-Fatâwâgens du LivremariageCompagnons

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